On ne badine pas avec l’amour – Alfred de Musset
Présentation de l'éditeur
Deux jeunes gens intelligents, cultivés, sensibles se retrouvent après dix ans de séparation dans le giron familial où ils ont vécu ensemble leurs années d'enfance. Tout est préparé pour fêter ces retrouvailles... Pourtant, une lutte cruelle et impitoyable va s'engager. Chacun va chercher à éprouver la vérité de l'autre, au lieu de s'abandonner aux élans de son cœur et à l'intuition de ses sens. À l'épreuve de cette vérité, les masques tombent : les notables sombrent dans le ridicule, tandis que les jeunes héros vont faire, dans le malheur, l'expérience de l'ouverture inconditionnée à l'amour. Décidément, l'amour n'est pas un sujet de comédie...
Extrait
« On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompée quelquefois ; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui. »
Mon Avis
Je vous ai mis cet extrait car j’ai été très touchée par ces phrases. Je les trouve tellement vraie et tellement forte, et je dirais que c’est ce genre de principe qui me dit qu’en amour, il ne faut pas hésiter à se lancer. Alors, oui, je sais, c’est facile à dire pour moi, qui me suis mise en couple très jeune… et qui est toujours en couple avec le même homme depuis !
Mais, quand même, je pense que c’est une belle réflexion. Il faut savoir qu’en réalité, Musset a piqué cette phrase dans l’une des lettres que lui a écrite son amante George Sand, correspondance qui a lieu à une époque où Musset vient d’apprendre que George Sand l’a trompé. D’ailleurs, Musset a écrit cette pièce à la même époque, ce qui explique sûrement son caractère assez pessimiste.
Il s’agit d’une pièce agréable, avec une intrigue somme toute assez basique, et une fin assez pessimiste donc, ce qui est assez surprenant par rapport au ton général de la pièce. Les deux amoureux sont énervants juste ce qu'il faut, et la pièce ne laisse pas beaucoup de place à quiconque d'autres. Cependant, deux des personnages secondaires apportent un effet comique et symétrique agréable, à savoir le gouvernant du jeune homme, et le prêtre, tous les deux un peu trop portés sur la boisson.
C’est donc une jolie pièce, avec des répliques profondes et réfléchies, mais c’est une pièce singulière, qui semble avoir été écrite rapidement, en catimini, et sa fin laisse penser que l’auteur était peut-être un peu amère quant aux comportements humains et à l’amour.
et de 9 en ce qui concerne mon challenge théâtre.