Easter Parade – Richard Yates
4ème de couverture :
Filles d'un couple divorcé, Sarah et Emily Grimes vivent une enfance maussade, ballottée entre diverses banlieues petites-bourgeoises de New York, qui flattent les aspirations sociales de leur mère perpétuellement déconcertée par la vie. Elles se rêveraient bien un père éditorialiste du Sun mais comprennent vite qu'il ne sera jamais qu'un " simple préparateur de copie ".
Au sortir de l'adolescence, Sarah, la préférée de leur père, la plus jolie et la plus sensible, entame une histoire d'amour avec le fils de leurs voisins, un beau parti élevé dans une école privée anglaise. Sur une photographie datée de 1941, lors de l'Easter Parade, le couple est immortalisé dans tout l'éclat de sa jeunesse. Un avenir radieux semble s'offrir à lui.
Trop différentes pour être proches, les deux sœurs suivent chacune leur chemin, sans vraiment perdre le lien. Jusqu'à ce qu'une série d'événements tragiques n'oblige Emily à remettre leur relation en perspective...
Mon Avis :
De Richard Yates, j’ai déjà lu La Fenêtre Panoramique, que j’avais énormément apprécié. J’avais donc très envie de lire Easter Parade, qui lors de sa sortie en 76 est passé quasiment inaperçu, mais qui se refait une réputation grâce à sa récente édition française. J’avais lu plusieurs avis sur ce roman, et ils étaient tous plus ou moins enthousiastes, alors après quelques lectures moyennes, je me suis dit qu’il était temps de dégainer ce roman de ma table de nuit.
Avant de donner mon avis, je souhaite également ajouter que j’ai rarement été aussi attiré par la couverture d’un roman. Je trouve la photo magnifique, et je trouve bien dommage de devoir ranger ce roman dans ma bibliothèque maintenant !
Le style de Yates est aussi fluide et agréable que dans La Fenêtre Panoramique. J’aime vraiment lorsque l’on se laisse porter par les mots sans difficultés, ce qui n’empêche pas pour autant de remarquer le travail de l’auteur, et ce qui n’empêche pas non plus un certain style soutenu.
Il y a deux personnages, voir 3 personnages de femmes : Pookie, la mère égoïste et infantile, Sarah, la grande sœur idéaliste qui croit en l’amour et au mariage, et Emily, la plus jeune, l’opposée de sa sœur qui ne saura jamais vraiment qui elle est.
Yates nous livre 3 portraits de femmes des années 40 à 70, et aucun ne semble être le bon, puisque toutes finissent alcooliques et malheureuse, comme si c’était le sort qui nous attendait toute, peut importe la vie que nous sommes amenées à choisir.
Autant vous dire que ce roman m’a bouleversée et déprimée, et lorsque je l’ai terminé hier soir, tard, j’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil. En tant que lecteur, nous sommes amenés à suivre toutes la vie de Sarah et Emily, nous les voyons évoluer, et surtout, nous les voyons vieillir inexorablement, et plus elles vieillissent, plus elles sombrent dans l’alcool.
Le personnage d’Emily est celui que nous suivons le plus. Elle passe d’un homme à un autre, ne s’investit pas plus que cela dans sa carrière, et n’est jamais pleinement heureuse. Elle ne se laisse jamais allée, et garde sur le monde qui l’entoure un regard dur. Elle fuit sa famille, et en particulier sa sœur quand celle-ci a besoin d’elle. D’un coté, on la condamne son égoïsme, et de l’autre on la comprend malgré tout. Je ne me suis pas du tout identifiée à Emily, mais je l’ai comprise, et elle m’a touchée.
Je me suis davantage identifiée à Sarah, mais c’est le personnage qui m’a le plus attristée. Elle si belle, qui si jeune épouse l’homme de sa vie, fonde une famille, et finalement est enfermée dans le personnage de la mère de famille des années 50, qui ne sais rien faire, qui n’a rien à faire à part élever ses enfants, et qui perd toute sa beauté, et sombre dans l’alcoolisme devant les yeux de ses enfants.
Un roman qui ne m’a pas laissé indifférente, au contraire, j’ai aimé ce roman, et je trouve que Yates est quelqu’un qui sait parfaitement décrire sa vision de la famille américaine des années 50. Mais ce roman m’a sévèrement déprimée, et je me dis que Yates ne devait quand même pas être quelqu’un de très heureux.
Petit plus : 1er livre (enfin !) lu dans le cadre de mon challenge 100 ans de littérature américaine.